
D’entrée, on est interpellé par une atmosphère étrange qui, au fil des pages va séduire, enchanter. On n’a plus qu’une envie, aller plus avant dans ce monde de légende créé par l’auteure, où des êtres mythiques livrent un combat de chaque jour contre les éléments, la faim, où le retour à la nature est présent à chaque instant : on y fait confiance aux remèdes ancestraux, aux traditions transmises par les anciens. La nature se montre à la fois cruelle et bienveillante, en harmonie avec ou opposée aux sentiments et actes des personnages. L’amour et la mort vont souvent de pair. Conte, légende, mais fable aussi avec une morale (le vilain mot !) plutôt une philosophie sous-jacente de courage, d’acceptation du destin : « Car nous sommes tous de passage. Simplement de passage. » La construction donne l’impression d’un puzzle dont on rassemble petit à petit les morceaux et, l’assemblage une fois réalisé, la boucle bouclée, on se dit que tout est bien et l’on éprouve aussi en tant que lecteur une immense sensation de calme et d’émerveillement. L’écriture de Laurine Roux y est pour beaucoup, nimbée de poésie : »La mer a son manteau de cobalt et le soleil fait rôtir sa cuirasse étoilée. »Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
Un premier roman ? Un coup de maître !