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22 mai 2018 2 22 /05 /mai /2018 16:55

Quand un jeu d'écriture (sur le thème Esprit es-tu là? permet de se défouler ! Et quel crève-coeur d'être limitée à 3500 caractères ! J'avais tant à dire !

 

Des pieds à la tête

 

Plus la date approchait, plus l’angoisse s’emparait de Sa majesté Manulo. Ce n’était pourtant pas dans sa nature. Mais cette fois, franchement, il se demandait s’il n’avait pas perdu l’esprit en acceptant ce débat télévisé avec deux journaleux. L’esprit, en l’occurrence, ces deux-là n’en manquaient pas, et du mauvais aux yeux de Sire Manulo, puisqu’ils n’auraient de cesse de le mettre sur le grill. Du sarcastique de la part du moustachu dont les petits yeux et le demi-sourire criaient « J’ai des preuves, moi ! » Du pan dans les gencives, de la part du type au visage fripé, qui ne lâchait jamais le morceau.

Il avait beau avoir pris moult conseils, constitué force fiches, connaître leur contenu par cœur, ce serait une autre paire de manches que l’entretien avec le ravi de la crèche du jeudi midi qui s’était contenté de gargouiller des « Oui sire, tout à fait sire ! » en parfait courtisan. Le seul couac, ç’avait été sur la porte de la salle de classe, l’affichette annonçant « Attention, les poux arrivent !» Pour Manulo, si plaisanterie il y avait eu de la part du personnel, elle manquait totalement de sel.

Par ailleurs, face aux deux molosses, il devrait répondre de l’ensemble de sa politique et Dieu sait que les sujets de mécontentement foisonnaient et que les grèves allaient bon train – c’était le cas de le dire – ! Fichue réforme de la SNCF que les cheminots n’avaient pas l’intelligence de comprendre. Nouvelle procédure d’orientation à l’entrée à l’université qu’étudiants et enseignants rejetaient, brandissant le mot sélection : quelle absence de finesse ! Fureur des retraités : quelle idée de perdre la raison pour quelques euros en moins ! Loi immigration : les associations au premier chef l’accusaient d’égoïsme, de défaut de solidarité, faisant preuve d’un manque flagrant de discernement. Quant aux Zadistes, une bande de décérébrés !

 

Sa Majesté Manulo alla s’épancher dans le giron de Dame Birgita qui, dans un premier temps, lui prépara une tisane et tâcha de le consoler en évoquant les prouesses de sa Compagnie Royale de Salubrité. Puis, elle lui rappela ses astuces habituelles pour ne pas se laisser désarçonner : respirer un grand coup, faire appel mentalement à ses maîtres à penser, Montaigne, Ricœur, balancer quelques citations hugoliennes : ça lui avait toujours réussi. Il gémit que dans l’état de stress où il se trouvait et qui ne ferait que s’accentuer le soir du débat, il serait bien incapable de conjurer l’âme de quiconque. Elle proposa du Temesta qu’il rejeta d’emblée : il avait déjà la sensation d’un énorme trou noir dans sa tête. La partie était-elle perdue d’avance ?

 C’était compter sans l’esprit d’initiative de Dame Birgita, prête à remuer des montagnes pour son aimé. En réalité, en papotant innocemment à gauche et à droite, en conversant habilement avec son masseur – « je suis anxieuse, vous n’imaginez pas le poids de cette charge...impériale », elle finit par trouver le remède miracle.

Force fut de constater que le débat se déroula sous les meilleurs auspices. Le moustachu et le fripé eurent beau se déchaîner, Sa Majesté Manulo se montra plein d’assurance, tantôt vindicatif, tantôt serein. On le vit même souvent esquisser un soupir, un sourire d’aise, voire de béatitude.

A quatre pattes sous la table du débat, Dame Birgita appliquait fort à propos à son époux déchaussé la méthode TRONC à laquelle elle s’était formée en deux temps trois mouvements : massage des pieds contribuant à la paix de l’esprit.

 

 

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 15:39

Un petit jeu d'écriture sur le thème : développer une histoire autour du sigle S. E. L . Impossible de traiter le sujet avec sérieux !

 

L’annonce avait été publiée dans le canard local et j’avais trouvé une affichette publicitaire dans ma boîte aux lettres. J’hésitai puis décidai d’aller faire un tour à « S.E.L, école associative de chant, ambiance amicale, tarifs compétitifs, inscriptions à compter du 20 mars, 12 rue Charcot. »

 J’avais, me disait-on, un joli brin de voix. Pourquoi ne pas me perfectionner ?   Et puis le sigle, S.E.L, m’intriguait.

Nous nous retrouvâmes une douzaine d’hommes et de femmes pour le premier cours dans un rez de chaussée sommairement meublé de quelques chaises et d’un piano. La diva façon Marianne James qui avait pris mon chèque, accompagnée d’un crooner genre Dany Brillant, répéta les alléchantes précisions données lors de l’inscription. Non seulement nous formerions un groupe musical, aurions des répétitions deux fois par semaine, mais la cerise sur le gâteau serait un spectacle de fin d’année, sorte de petite comédie musicale écrite par les deux professeurs, Solène et Landry. Je réfléchis un moment puis tout à coup la lumière jaillit dans mon esprit, et les mots de ma bouche. « Solène et Landry », S. E.L ! Ils éclatèrent de rire tous les deux. Puis Solène reprit très sérieusement.

– Il importe d’être assidu. On ne vient pas à S.E.L en touriste.

J’étais conquise. Deux soirs par semaine, dès le repas  terminé, je m’éclipsais. À mon père qui s’inquiétait de ce départ précipité, je répondis, la première fois :

– Je file à SEL. Si je ne vais pas à SEL régulièrement...

– Tu risques l’occlusion intestinale, ma fille !

Plaisanterie qui me fit rire jaune d’autant qu’il ajouta que courir jusqu’à la rue Charcot était excellent pour mon transit. Pire, à grand-père, dur d’oreille, il hurla que je prenais des cours de chant chez madame SEL. Et papy rétorqua qu’il ne fallait pas se moquer des patronymes et qu’il avait connu une excellente actrice nommée Annette Poivre.

Les répétitions se succédèrent avec des hauts et des bas. Solène était exigeante. Lorsqu’elle nous fit reprendre cinq fois le même passage de Milord, « Ras le bol », fit celle qui s’entêtait à y glisser une fausse note. Une sixième reprise mit celle qui avait toujours peur de rater son bus dans un état de fureur extrême.

Au fil du temps, l’ambiance se détériora. Certains élèves contestaient le choix des chansons. Muriel aurait voulu interpréter du Brel : Landry objecta que Brel ne faisait pas partie de l’univers SEL. « Et c’est quoi l’univers SEL ?» rit un autre mécontent. De mon côté, je n’aurais pas été contre un peu de musique sacrée, celle qui donne le frisson. Quant à Mona, celle qui vénérait France Gall, elle réclamait en vain Babacar. Beaucoup donc clamèrent : « Il faut que l’on varie, c’est l’important ! »

Il y eut des défections : SEL le mardi, reSEL le jeudi, c’était trop.

Parallèlement, les relations entre le couple de dirigeants se pimentèrent de désaccords. Solène reprochait à Landry son retard dans l’écriture de la comédie musicale. Nous ne serions jamais en selle pour le spectacle de fin d’année. Je doutai moi aussi que SEL y mène. Landry haussa les épaules. Lorsqu’un soir, Solène nous annonça que son association avec Landry était rompue, l’inquiétude gagna les rangs. « On devient quoi ?"claironna l’énervée, celle qui carburait à l’expresso.

Solène nous rassura. Son ami Xavier remplacerait Landry. L’association changerait simplement de sigle. Solène et Xavier : mon sang ne fit qu’un tour. Ce serait mon dernier cours !

 

 

 

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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 12:18

 

D’entrée, on est interpellé par une atmosphère étrange qui, au fil des pages va séduire, enchanter. On n’a plus qu’une envie, aller plus avant dans ce monde de légende créé par l’auteure, où des êtres mythiques livrent un combat de chaque jour contre les éléments, la faim, où le retour à la nature est présent à chaque instant : on y fait confiance aux remèdes ancestraux,  aux traditions transmises par les anciens.  La nature se montre à la fois cruelle et bienveillante, en harmonie avec ou opposée aux sentiments et actes des personnages. L’amour et la mort vont souvent de pair. Conte, légende, mais fable aussi avec  une morale (le vilain mot !) plutôt une philosophie sous-jacente de courage, d’acceptation du destin : « Car nous sommes tous de passage. Simplement de passage. » La construction donne l’impression d’un puzzle dont on rassemble petit à petit les morceaux et, l’assemblage une fois réalisé, la boucle bouclée, on se dit que tout est bien et l’on éprouve aussi en tant que lecteur une immense sensation de calme et d’émerveillement. L’écriture de Laurine Roux y est pour beaucoup, nimbée de poésie : »La mer a son manteau de cobalt et le soleil fait rôtir sa cuirasse étoilée. »Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Un premier roman ? Un coup de maître !

 

 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 12:17

Samedi 16 décembre 17h 30. Je renouvelle l'expérience du mercredi 6. Nouveau choix de textes. Même cadre accueillant (peintures, sculptures), public sympathique et chaleureux.

Lecture d'extraits de Toi ma p'tite folie, Angelica Corti (un chapitre où il est question de Saint-Etienne, pour une fois, on me reproche bien assez souvent de ne pas écrire sur ma région!) , Jen et Juliette et pour terminer, de la nouvelle Karaoké (recueil Quelle comédie la vie). Je m'étais promis de faire chanter l'assistance. Pari gagné.

 

 

Seconde séance de  lectures à la Galerie Rêves d'Afrique et d'Ailleurs
Seconde séance de  lectures à la Galerie Rêves d'Afrique et d'Ailleurs
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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 11:45

 Œuvre d'art parmi les œuvres d'art !!!!!!!

Une séance de lecture conviviale le mercredi 6 décembre à Saint-Etienne à la galerie Rêves d'Afrique et d'Ailleurs. Extraits de romans, nouvelles. Ne vous fiez pas à mon air sérieux, je lis plutôt des choses drôles. Et si, par hasard, vous êtes disponibles le samedi 16  à 17h 30, on renouvelle l'expérience et je ne désespère pas de vous faire... chanter !

 

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2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 09:47

Vous souhaitez offrir un livre ? Je vous invite à parcourir mon blog pour y redécouvrir mes ouvrages préférés et disponibles.

Les frais de port sont gratuits en période de Noël.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 12:58

C’est à grands coups de sécateur que j’ai taillé dans mes activités habituelles (cuisine, repassage, écriture et autres) pour dévorer le polar d’Éric Courtial. En effet, une fois le nez mis dans les premières pages du Sécateur, on n’a qu’une hâte : avancer, participer à l’enquête, suivre les pistes, découvrir le méchant.

On se laisse happer par l’intrigue et le personnage retors du tueur en série qui se plaît à faire souffrir ses victimes et signe ses crimes en les amputant d’un tout petit morceau de leur anatomie (si vous voulez savoir lequel, lisez le livre). Est-il seul, a-t-il un copy cat, pourquoi agit-il ainsi, avec qui a-t-il des comptes à régler ? On partage les interrogations du commissaire Pascal Furnon, personnage éminemment efficace et surtout sympathique.

Car, il faut le souligner, au milieu de l’univers d’inquiétude, de violence, de colère, de suspense parfois insoutenable du thriller, les personnages du policier et de son épouse nous offrent des moments privilégiés de tendresse, de douceur, qui font du bien.

 

 

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 11:47

Fête du livre de Saint-Etienne, suite du reportage de la commère. Dimanche 8 octobre, retour à la boutique éphémère Le Massicot, rue de la République, qui héberge le Cercle des Arts et des Lettres, la maison d'édition Abribus et les éditions du Caïman. Plaisir de faire connaissance en live avec Eric Courtial et Jof Brigandet. Plaisir de recueillir de sympathiques dédicaces de la part d'Eric pour Le Sécateur et de Jof pour La Balade électrique d'Emily Archer. Et un petit bonjour à Laurie et Pierre et des félicitations pour leur super magazine Hors ligne.Un chouette après-midi agrémenté de lectures.

 

A la table du Caïman, Eric Courtial(non barbu) et Jof Brigandet (barbu !)

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 11:52

Vendredi 6, visite à la boutique éphémère Le Massicot où j'ai passé un très bon moment en compagnie de J.L. Nogaro,éditeur (Le Caïman) et la jeune équipe d'un nouveau magazine Hors ligne, entièrement stéphanois, et Alain Denis, polardeux local. Puis courte visite sous le chapiteau de la place de l'Hôtel de ville: j'ai fait l'impasse sur le terroir ( désolée, mais ce genre de littérature n'ennuie, sauf si l'on y ajoute un parfum de polar) et rendu visite à deux amis de plume, polardeux aussi: Philippe Fontanel et Sébastien Bouchery, un de mes anciens éditeurs qui se consacre désormais à l'écriture et s'est fait sa place dans la cour des grands.

 

 

 

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 13:23

 

Non, on ne me verra pas parapher sous l’un des chapiteaux de la Fête du livre de Saint-Etienne entre le 6 et le 8 octobre 2017. Je n’ai pas postulé : comment pouvais-deviner en janvier dernier que j’aurais un nouvel ouvrage à proposer dans l’année 2017, que mon ami J. N. Lewandowski me proposerait de nous relancer dans une coécrit ure et qu’Angelica Corti verrait le jour en mai ? Les conditions sont assez draconiennes pour les écrivains locaux, surtout s’ils n’écrivent pas du local. Et le local, ce n’est pas ma source d’inspiration ; à peine une touche, de temps à autre, dans une nouvelle.

Aucune amertume de ma part. Je me réjouis que la ville et la Loire fourmille d’auteurs de talent et je salue cette manifestation qui a le mérite d’être gratuite pour les visiteurs et de leur faire aussi rencontrer de grandes plumes venues d’ailleurs.

J’y serai avec grand plaisir en visiteuse, pour saluer quelques amis de plume et plutôt deux fois qu’une à la boutique éphémère Le Massicot rue de la République, qui accueille, entre autres, mes copains des Éditions du Caïman. Puisque le patron m’a fait l’honneur de me citer, photo à l’appui, dans son dossier de presse (responsable du comité de lecture, rien que ça !), on pourra m’y voir en live. Mais surtout je vous invite à y découvrir une superbe collection de polars.

En ce qui concerne mes modestes œuvres, ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas sous le chapiteau qu’elles n’en continuent pas d’exister.

 

État des lieux

 

Elles et Eux Nouvelles chez l’auteur

Jen et Juliette Roman chez l’auteur

D’amour et d’Oseille Nouvelle chez l’auteur ou chez J. Flament éditions

Toi, ma p’tite folie Nouvelles chez l’auteur ou chez Zonaires éditions

Angelica Corti chez l’auteur, éditions le Huchet d’Or, Librairie de Paris

 

 

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